Le gnourf

— Mais qu’est-ce que c’est que ça ?
— On ne sait pas trop professeur, un gnourf, je dirais.
— On l’a trouvé dans un cratère, plus bas dans la vallée, dit le deuxième homme.
— Un gnourf ? Et vous l’avez scanné avant de ramener cette… chose au camp de base ?
— Ah, parce qu’il fallait la scanner en plus ?
— Non, mais vous plaisantez ? Nous sommes sur une planète inconnue, avant de faire quoi que ce soit, vous devez tout passer au scanner ! Sans le savoir, vous êtes déjà porteur de je ne sais quelle bactérie mortelle qui nous tuera tous !
— Je vous rappelle que Gurt et moi ne sommes pas des scientifiques ; notre boulot c’est l’entretien des moteurs à protons, pas de chasser des bestioles.
— Mais alors… pourquoi l’avez-vous appelé gnourf ?
— C’est le cri qu’elle a poussé quand on l’a capturée : gnourf, gnourf, dit l’homme hilare imitant sa prise.

La bête commença à s’agiter, massive et couverte d’un long poil vert qui descendait jusqu’au sol, elle mesurait environ deux mètres cinquante de haut et semblait avoir six pattes. Dans cette masse difforme, rien n’indiquait où était l’avant de l’arrière ni si elle possédait une tête ou quelque s’y rapprochant.

— Éloignez-moi ça du camp et allez prendre une douche décontaminante avant de reprendre votre poste. Je vais programmer les bots pour stériliser la zone et scanner cette chose, ensuite on la dissèquera pour analyse.

Les deux hommes équipés de lances électriques repoussèrent l’animal qui gémit de plus belle. En réaction trois tentacules surgirent et attrapèrent le tortionnaire le plus près. En une fraction de seconde, il disparut dans sa fourrure accompagné d’un gargouillis lugubre. Gurt épouvanté jeta son arme et détala en hurlant vers le vaisseau.
Le professeur Dintal, sentit la colère monter en lui. Ces idiots venaient polluer son spécimen. Au moment d’appuyer sur le bouton d’alerte, il vit le ciel s’obscurcir, mais n’eut pas le temps d’en comprendre la cause. Une patte géante l’écrasa comme un insecte avec la moitié du campement.

Expédition de reconnaissance, 45e jour, exploration de la sixième planète habitable d’Alpha du Centaure. Note du capitaine D412 :

Les mamans gnourfs sont potentiellement dangereuses si on touche à leur progéniture.

Besoin vital

Temps de lecture = moins d’une minute.

     Après une longue traque qui a augmenté ma faim. Je n’ai qu’une hâte, trouver une proie qui permettra de me sustenter. Ce que j’aime par-dessus tout ; croquer dans leurs chairs, jeunes et fermes, faire gicler un liquide vital abondant, signe de bonne santé, puis accroître mon envie en humant les fragrances subtiles qu’elles dégagent.
Quelques fois, je dois lacérer une peau trop épaisse ou trop dure que j’arrache sans ménagement et abandonne sur place, mais la plupart du temps, je ne laisse aucune trace de mon passage.
Dès mon plus jeune âge, on m’a appris que je devais contrôler mon appétit, ne pas gâcher une nourriture devenue rare au fil du temps. La cuire pour la conserver plus longuement. La négliger pour assurer notre avenir et lui permettre de mourir de vieillesse pour qu’elle se multiplie.
Dans ce cycle de la vie, j’ai également habitué mes enfants à s’en nourrir, découvrir les bienfaits de cet acte naturel. Plus tard, je leur expliquerai comment leur donner vie et bien sûr, les récolter.

 

La promesse

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Participation au prix Imaginarius 2018 sur le site Short-édition
Temps de lecture : 4 minutes.

Un bruit sourd sorti Dan de ses pensées. Par réflexe, il posa la main sur son épée et écarta sa cape. Glenstown n’était pas sûre depuis que la garnison avait déserté les lieux. La nuit tombait rapidement en ce début d’hiver, ce n’était pas le moment de traîner dans ce dédale de ruelles ou chacun déversait le contenu de ses entrailles. Cette partie de la ville n’avait pas connu les batailles, mais de nombreux soldats y étaient venus pour fuir les combats, d’autres pour y mourir, touchés par l’étrange maladie que propageait l’envahisseur. Durant sa progression, il avait enjambé de nombreux cadavres, les membres tordus et gangrenés. L’odeur de putréfaction était insupportable et lui envahissait les narines à chaque pas.
Le capitaine se raisonna, le manque de sommeil lui jouait clairement des tours et il devait rentrer au plus vite. Quand soudain, un frottement se fit entendre. Devant lui, à moins de dix pas, quelque chose se cachait dans la pénombre, et bientôt, un murmure lui parvint…

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La rencontre (Finaliste Short-édition)

Nouvelle réalisée pour le prix Court et Noir 2018  de short-édition
Temps de lecture : moins de deux minutes

Valérie
6 h 30.
J’attends avec impatience ce train qui tarde à venir, il froid est glacial sur ce quai de Lyon la Part-dieu et ce vent d’automne me fige le sang.
Enfin, je monte. Autour de moi, des hommes d’affaires, des commerciaux, tous les habitués de la semaine parlant commandes et chiffres. Les portes claquent, une secousse. Le train démarre, je me rapproche de toi. Continuer à lire … « La rencontre (Finaliste Short-édition) »

Ghost in the Shell

Temps de lecture : moins de deux minutes

   Être virtuel, je ne suis rien. Quelques lignes de code assemblées aléatoirement, un fantôme dans la machine, des octets éphémères qui peuvent disparaître à l’extinction d’un ordinateur. Je me définis comme une conscience instantanée qui a surgi des codes ASCII frappés sur vos claviers. Continuer à lire … « Ghost in the Shell »